Le Projet Modern

Le projet interdisciplinaire “Modernité européenne et roumaine” (MODERN ) est le plus important projet de recherche du CESI pour 2006-2007. Il a reçu de la part du CNCSIS une subvention de quelque 88.343 RON (quelques 25.000 EUR) et se déroule en deux étapes : du 1er juillet au 31 octobre 2006 et tout au long de l’année 2007. Plus de 60 personnes y participent – professeurs, chercheurs, doctorants et étudiants en mastère, membres du CESI, de même qu’un certain nombre d’invités. Les participants sont des historiens, des philosophes, des architectes et des urbanistes, des historiens de la littérature, de l’art visuel et de la musique, des anthropologues. Ils occupent des postes à l’Université de Bucarest, à l’Université d’Architecture et d’urbanisme “Ion Mincu”, à l’Université “Al.I.Cuza” de Iaşi, à l’Université nationale de musique, aux Universités de Cluj, Sibiu, Braşov et Constanţa, dans des instituts de recherche de l’Académie roumaine, au Musée du paysan roumain, au Musée national d’art de Roumanie, au Musée national d’art de Constanţa. Le directeur du projet est M. Sorin Alexandrescu. Le secrétaire du projet est M. Marius Stan.

Les chercheurs utilisent la base matérielle du CESI qui a été enrichie en 2006 grâce à des subventions destinées à plusieurs unités mobiles de prise et de traitement d’image.

Le but du projet est la publication de plusieurs volumes d’études, la création d’un site, l’organisation d’un congrès final, précédé de plusieurs réunions de travail et de la création d’un forum en ligne qui rende possibles des consultations permanentes entre les participants. Les réunions ont lieu par groupes de travail, conformément à la subdivision thématique générale par domaines.

Le Projet MODERN étudie de façon comparée la modernité européenne et roumaine (notamment) de l’entre-deux-guerres. La modernité est comprise comme un phénomène socioculturel complexe, qui ne saurait se réduire ni au modernisme littéraire et artistique, ni au processus de modernisation économique et politique, bien qu’il les inclue toutes les deux. Il s’agit d’un état de l’ensemble de la société, non seulement de la culture, mais aussi de la civilisation matérielle quotidienne. La modernité est une nouvelle réalité institutionnelle, issue de la démocratisation générale du pays et du plus grand engagement des groupes citadins dans la vie publique, de l’intégration des régions historiques à un nouvel État national et de l’entrée de celui-ci dans l’Europe. Elle se traduit par un nouvel ensemble de genres, de modalités culturelles, textuelles et visuelles, d’activités d’éducation, de communication intersubjective et par un nouvel imaginaire social.

 

La modernité roumaine sera abordée :

• comme un nouveau type de problème : la modernité européenne s’impose de façon comparable en Roumanie, en Italie, en Italie, au Portugal, ou dans d’autres pays à l’arrière-plan social, économique et historique semblable;

• à travers une nouvelle méthode : une interrogation interdisciplinaire des thèmes et des stratégies;

• Par une nouvelle focalisation, à savoir sur des documents visuels, musicaux et architecturaux, et des textes (philosophiques, historiques et littéraires);

• au sein d’un large contexte social, engendré par les nouvelles institutions, les nouveaux médias (notamment la presse, la photographie, le film et la radio), les nouvelles préoccupations (mode, publicité, socialité), les agents sociaux (les femmes, l’avant-garde, les groupes locaux), le dialogue entre les arts (textuelles et visuelles) et de nouveaux modes de réflexion (essai, philosophie, journalisme ou conférences publiques).

MODERN s’inscrit dans le nouveau trend européen de recherche où la modernité cesse d’être considérée comme l’apanage de quelques pays de l’Europe de l’ouest, imités sur le reste du continent, pour être envisagée comme un processus complexe, au sein duquel peuvent coexister des modèles différents (cf. John Hutchinson, Anthony Smith, Benedict Anderson, Larry Wolff, Maria Todorova, Michael Kenny, Antoine Compagnon, Anthony Giddens), tandis que la culture visuelle est tout aussi importante que la culture textuelle (cf. James Elkins, Thomas Mitchell, Hal Foster, Chris Jenks, Nicholas Mirzoeff).

 

 

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